En collaboration avec une équipe japonaise (Yoshikawa laboratory, Kyoto University), des chercheurs du département ont montré qu'il était possible d’obtenir des liposomes par transfert spontané de microgouttes à travers une interface eau/huile constituée de phospholipides. Le principal avantage de cette méthode est de permettre l’encapsulation de milieux complexes (composants cellulaires, ADN, milieux d’expression, etc), ce qui restait extrêmement difficile par les voies de préparation de liposomes proposées jusque-là. Actuellement, nous couplons cette méthode à des techniques microfluidiques afin d’obtenir des liposomes monodisperses, l’utilisons pour encapsuler de l’ADN génomique fonctionnel ainsi que des milieux protéiques complexes et effectuons le suivi cinétique d’expression de protéines à l’intérieur de liposomes individuels.
Contact : damien.baigl@ens.fr
Plus d’informations dans :
Spontaneous transfer of phospholipid-coated Oil-in-Oil and Water-in-Oil micro-droplets through oil/water interface
A. Yamada, T. Yamanaka, T. Hamada, M. Hase, K. Yoshikawa, & D. Baigl.
Langmuir, 22, 9824-9828, 2006
La résolution accessible par imagerie optique est limitée par la longueur d’onde de la lumière utilisée (limite de diffraction). La microscopie optique de champ proche dépasse considérablement cette limitation grâce à une sonde plus petite que la longueur d’onde de la lumière incidente pour imager l’échantillon. Une variante de cette technique qui ne nécessite plus d’illumination externe vient d’être mise en place. Cette nouvelle technique appelée microscopie de radia ?tion thermique à effet tunnel (TRSTM) utilise l’émission thermique infrarouge de l’échantillon lui-même. Au bilan, l’équivalent en champ proche d’une caméra pour vision nocturne.
Contact : Yong.Chen@ens.fr
Plus d’informations dans :
Thermal radiation scanning tunnelling microscopy
Y. De Wilde, F. Formanek, R. Carminati, B. Gralak, P.-A. Lemoine, K. Joulain, J.-P. Mulet, Y. Chen & J.-J. Greffet
Nature, 444, 740-743, 2006
Est-ce que les molécules d'eau formant des liaisons hydrogènes fortes se réorientent plus lentement ?
La dynamique de réorientation des molécules d'eau à l'échelle microscopique est une question centrale dans des phénomènes aussi variés que le transfert de proton en solution où c'est l'étape cinétiquement limitante, ou la désolvatation préalable à l'adsorption d'un substrat sur une enzyme. Une équipe du département de chimie de l'ENS a étudié le lien entre la dynamique de réorientation des molécules d'eau et la force des liaisons hydrogènes. Ses membres ont montré qu'aux temps longs, la réorientation est indépendante de la force de la liaison hydrogène: ceci se comprend dans le cadre du mécanisme de saut moléculaire récemment proposé par cette équipe pour décrire la réorientation de l'eau: une liaison hydrogène faible permet à l'axe OH de tenter de se réorienter plus souvent, mais la nouvelle orientation ne sera stable que si un nouveau partenaire est y présent pour former une nouvelle liaison hydrogène. Ces travaux ont été menés par simulation numérique et sont en accord avec les résultats de spectroscopie infrarouge ultrarapide.
Contact : damien.laage@ens.fr (Hynes Group)
Référence :
Do more strongly hydrogen-bonded water molecules reorient more slowly ?
D. Laage, J. T. Hynes
Chem. Phys. Lett. 433, 80-85, 2006
"Quantum Dynamics of Complex Molecular Systems"
Eds. D. A. Micha and
I. Burghardt
Springer-Verlag (Chemical Physics Series), October 2006.